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La pandémie au Venezuela : « C’est un moment difficile et une épreuve »

La présence de la pandémie de coronavirus est déjà perceptible au Venezuela, avec plus de 329 personnes testées positivement au Covid-19, 10 morts. La nation a fermé ses frontières et la société est en quarantaine obligatoire depuis le 16 mars. Il s’agit d’une situation qui met en grand danger une population rendue vulnérable par la situation misérable du système hospitalier vénézuélien.

La Conférence épiscopale vénézuélienne a également pris des mesures de prévention avec notamment la suspension des célébrations eucharistiques en présence des fidèles.

« C’est un moment difficile et une épreuve dont nous devons sortir victorieux par notre foi et notre espérance, que nous devons exprimer à travers notre charité et notre solidarité. C’est pourquoi nous invitons tous les frères de notre nation à se rapprocher de Dieu. En ces temps de crise sanitaire, nous devons nous rappeler que le Seigneur est parmi nous et ne nous abandonne pas. Il est le rocher qui nous sauve », peut-on lire dans un communiqué des évêques publié le 15 mars.

Les rues vides du Venezuela, outre le respect de la quarantaine, sont un signe que les citoyens se font beaucoup de soucis quant aux conséquences qui pourraient résulter de l’avancée de la contagion au sein de la population. 

Un médecin interne de l’un des principaux hôpitaux du pays, qui ne veut pas être identifié, a déclaré à la Fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse (AED) que « le système hospitalier vénézuélien n’est pas préparé à la grande urgence que de nombreuses infections au Covid-19 pourraient causer. La situation précaire des hôpitaux et les pénuries de médicaments sont largement connues dans le monde entier ».

Face à la pénurie de tests, au Venezuela, permettant d’établir si une personne est infectée au coronavirus, on ne saura pas avec certitude combien de Vénézuéliens sont réellement victimes du Covid-19.

Les personnes qui doivent travailler pour gagner de quoi manger quotidiennement et qui, en raison de l’isolement social, ne peuvent le faire, sont également très préoccupées : « Je ne sais pas combien de temps nous allons être mis en quarantaine, mais si le virus ne nous tue pas, nous mourrons de faim », a déclaré Ester Chacón, qui travaille dans le commerce informel.

Dimanche 22 mars, plus de 150 prêtres du diocèse de San Cristóbal ont été conviés par leur évêque, Mgr Mario Moronta, à sonner les cloches à midi et – en suivant les règles d’isolement – à amener l’Eucharistie aux portes de leurs églises « afin de bénir toute la ville, tout le pays, le pays voisin (Colombie), et le monde entier, en demandant à Dieu qu’il nous libère de cette pandémie ».

Mgr Mario Moronta a également demandé aux autorités « d’assurer un accès sûr à la nourriture et aux médicaments, aux soins médicaux, et de veiller à ce qu’il n’y ait pas de pénurie d’électricité, d’eau et d’autres services essentiels. Nous demandons qu’une attention soit portée aux pratiques immorales de certaines personnes qui, profitant de l’urgence sanitaire, augmentent les prix des produits dont tout le monde a besoin. Ceux qui agissent ainsi n’ont pas la crainte de Dieu ».

La Fondation AED a lancé plusieurs campagnes d’aide à l’Église du Venezuela, consacrant en 2019 plus d’un million d’euros au soutien des prêtres et des religieuses, au soutien à la formation et à la pastorale, ainsi qu’à des projets d’urgence alimentaire, de forage de points d’eau et de centrales électriques.