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  • L'archevêque catholique chaldéen d'Erbil, Mgr Bashar Warda, Irak (Photo: AED/ACN)
  • L'archevêque catholique chaldéen d'Erbil, Mgr Bashar Warda, Irak (Photo: AED/ACN)
  • Pape François pendant sa visite en Irak, mars 2021. (Photo: AED/ACN)

Les extrémistes irakiens enhardis par la prise de pouvoir des talibans.

D'après l'un des évêques les plus respectés du Moyen-Orient, la menace de Daesh (ISIS) et d'autres extrémistes en Irak s'est accrue après le retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan.

L'archevêque catholique chaldéen d'Erbil, Mgr Bashar Warda, a déclaré à l'organisation caritative catholique Aid to the Church in Need (ACN) que le retour au pouvoir des talibans pourrait avoir des conséquences extrêmement graves pour l'Irak.

Il a déclaré : "L'Afghanistan et l'Irak sont des pays très différents. Mais la prise de contrôle du pays par les talibans constitue un sérieux encouragement pour ceux qui soutiennent ce type de régime."

Mgr Warda a poursuivi sa déclaration en prévenant que les extrémistes de Daesh sont toujours actifs dans le pays et qu'il a de fortes raisons d'être inquiet qu'ils puissent reprendre le pouvoir en Irak et en Syrie. Il a déclaré : "Ils ne sont pas complètement partis. Ils continuent d'exister dans la clandestinité et sont toujours capables d'agir en Irak.  Plus important encore, la mentalité qui a conduit à créer Daesh est toujours répandue dans la région.  Il s'agit donc d'une préoccupation constante".

L'archevêque a ajouté : "Je pense que la mentalité de Daesh est toujours bien présente en Irak et en Syrie parmi certaines parties de la population."
Commentant l'annonce faite en juillet par le président Joe Biden de retirer la mission de combat américaine en Irak d'ici la fin de l'année, Mgr Warda a déclaré que l'insécurité potentielle affecterait négativement les chrétiens et les autres minorités religieuses. "Ce que notre histoire nous a appris, en particulier notre histoire récente, c'est que dans toute période d'instabilité et de conflit, ce sont les minorités qui souffrent en premier. Ainsi, dans la mesure où tout changement dans l'engagement américain en Irak conduit à une augmentation de l'instabilité, nous craignons naturellement que cela ne conduise à de nouvelles persécutions des minorités religieuses."

Malgré ces préoccupations, Mgr Warda s'est également montré optimiste quant à l'avenir du christianisme en Irak, notamment après la visite du pape François en mars dernier. Il a déclaré : "Nous sommes peu nombreux maintenant, mais nous tenons bon et faisons de notre mieux, où que nous soyons en Irak, pour montrer que nous sommes une pièce essentielle du tissu du pays.  "Je pense que la visite du Saint-Père a montré au reste de l'Irak non seulement l'impact positif de la communauté chrétienne pour le pays, mais aussi de celui que notre communauté peut apporter à l'image de notre pays pour le monde.  

"Ces éléments nous remplissent d'espoir et nous continuerons à faire de notre mieux pour les développer... Avec le temps, nous espérons que cela permettra à notre communauté ici non seulement de survivre, mais aussi de prospérer et, espérons-le, de se développer."

L'Irak est un pays prioritaire pour ACN, où l'organisation fournit, entre autres, une aide d'urgence, un soutien à la reconstruction des bâtiments de l'Eglise, une aide médicale pendant la pandémie et une aide éducative pour les étudiants par le biais de bourses d'études.