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  • L'église de Mocímboa da Praia, complètement détruite par les flammes, a été l'une des cibles des groupes armés qui ont attaqué ce village de la province de Cabo Delgado au Mozambique les 27 et 28 juin 2020. Cette attaque a provoqué une panique générale et entraîné un exode de population. Image: Église en détresse (ACN)
  • Des gens fuient la violence en août 2020 dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique:Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba, rend visite à la population et aide le groupe de personnes déplacées, pour la plupart des femmes et des enfants, qui ont fui les zones où opèrent des groupes terroristes de Daech. De nombreuses personnes ont cherché refuge dans la ville de Pemba. L'Église leur apporte réconfort et aide matérielle. Image: Église en détresse (ACN)
  • Des populations paniquées fuient après une autre attaque à Mocímboa da Praia, province de Cabo Delgado, Mozambique, le 26 juin 2020.Photo: Sœur Joaquina Tarse des Filles de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, diocèse de Pemba.
  • Les gens fuient la violence dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique:Un groupe de personnes déplacées, pour la plupart des femmes et des enfants, fuit des zones où opèrent des groupes terroristes associés à Daech. De nombreuses personnes ont cherché refuge dans la ville de Pemba. L'Église apporte un réconfort spirituel et une aide matérielle.Image: Église en détresse (ACN)

MOZAMBIQUE : Pas de nouvelles des deux religieuses disparues lors de l’attaque de Mocímboa da Praia

On ignore où se trouvent les deux religieuses de la Congrégation de Saint Joseph de Chambéry qui ont disparu lors de la violente attaque menée par des groupes djihadistes sur le port de Mocímboa da Praia début août.

Le Père Kwiriwi Fonseca, du diocèse de Pemba, a informé la Fondation AED que jusqu’à présent, les autorités n’avaient pas fait la lumière sur ce qui était arrivé à ces deux religieuses et aux plus de soixante personnes qui se trouvaient dans le couvent de la communauté au moment de l’assaut.

Le Père Fonseca a expliqué que la région de Mocímboa da Praia était pratiquement fermée et que « personne ne pouvait s’y rendre ». Ce prêtre de Pemba rappelle que l’attaque a « commencé le 5 août », et a été suivie de « plusieurs jours consécutifs » de combats « jusqu’au 11 ». « Pendant cette période, ils ont attaqué et occupé le port de Mocímboa da Praia ».

C’est au cours de cette attaque que le contact avec les deux religieuses, Sœur Inés Ramos et Sœur Eliane da Costa, a été perdu. « Elles sont brésiliennes. Sœur Inés est une femme âgée de plus de 70 ans », a ensuite précisé le Père Fonseca.

« Lorsque la ville a été occupée », dit le prêtre à l’AED, « du fait de l’impossibilité de communiquer en raison de l’absence de connexion, nous n’avons pas été en mesure d’établir un contact avec les sœurs, et nous pensons qu’elles ont perdu leur téléphone... Nous essayons de voir les choses de façon positive... Nous pensons qu’elles ne sont peut-être pas mortes mais qu’elles n’ont aucun moyen de communiquer. Nous nous consolons ainsi, parce que nous ne connaissons pas exactement la version officielle. Nous n’avons pas de nouvelles officielles ».

Au moment de l’attaque, il y avait dans le couvent des Sœurs de Saint Joseph de Chambéry « une soixantaine de personnes », essentiellement des personnes âgées et quelques enfants. Personne ne sait ce qui s’est passé. « Nous ne savons pas non plus si les religieuses sont revenues sur place, parce que là-bas il n’y a nulle part où un nouveau téléphone puisse être acheté… Comme nous n’avons pas de nouvelles de ces 60 personnes, nous ne savons pas si elles ont disparu, si elles sont mortes, si elles ont été enlevées. Nous ne savons rien... ».

Les responsables du diocèse de Pemba ont pris connaissance de l’attaque de la maison des religieuses de Saint-Joseph grâce à l’appel d’un membre de la communauté. « C’est lui qui nous a annoncé que la maison des religieuses avait été attaquée. Leur silence nous fait croire qu’elles ont perdu leurs téléphones et qu’elles sont dans un endroit inconnu. C’est pourquoi nous considérons les Sœurs Inés et Eliane comme disparues. Nous ne pouvons pas inventer des informations dont nous ne disposons pas ».

La crise humanitaire à Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, à la suite des attaques terroristes qui ont frappé cette région, a pris une dimension terrible compte tenu du nombre de morts et de personnes déplacées, et compte tenu du manque de ressources pour accueillir cette population.

Le Père Cantífula de Castro, directeur adjoint de Radio Encontro, de l’archidiocèse de Nampula, a envoyé au siège portugais de la Fondation AED un message dans lequel il raconte que « dans l’archidiocèse de Nampula, cinq mille déplacés sont arrivés dans les districts de Meconta, Nampula et Rapale. Il s’agit en majorité de jeunes femmes et d’enfants qui ont besoin d’aide humanitaire. En effet, il leur faut un logement, de la nourriture, des vêtements, mais aussi du matériel pour la prévention du Covid-19 ».

Selon le Père Cantífula, «la province de Cabo Delgado est en guerre depuis trois ans ». « Les gens vivent des moments insupportables à cause du terrorisme », dit le prêtre. « C’est une situation déplorable. On estime qu’il y a un peu plus d’un millier de morts, des maisons incendiées, des villages abandonnés, des gens qui sont dans les montagnes et d’autres qui se sont réfugiés, sans rien, dans des endroits plus sûrs afin de se protéger », explique-t-il dans le message vidéo envoyé à l’AED.

Depuis octobre 2017, la province de Cabo Delgado est le théâtre d’attaques de groupes armés qui se sont déclarés affiliés à l’État Islamique (Daesh) il y a quelques mois. Les attaques ont augmenté en intensité ces derniers mois, en particulier depuis le début de cette année.

Le Père Cantífula de Castro déclare que, malgré la situation complexe et le manque de ressources, « l’Église n’abandonne pas ces personnes, mais reste à leurs côtés, leur fournissant une aide matérielle et un réconfort spirituel ». Il lance également un appel à la communauté internationale : « S’il vous plaît, ne nous oubliez pas. Si vous le pouvez, aidez ces gens qui ont tout perdu et ont dû fuir leur maison. Merci beaucoup ».

La Fondation pontificale AED aide les chrétiens du Mozambique au travers de divers projets, qui vont de la reconstruction d’églises à l’aide à la subsistance des prêtres et des missionnaires.