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  • Enfants réfugiés lors de la première communion au Burkina Faso, Kaya 2020 - Image: "Aide à l'Église en Détresse (AED)"
  • Garçon réfugié de Dablo. Il est venu à Kaya pendant Covid-19 en juillet où il a reçu la première communion. Image: "Aide à l'Église en Détresse (AED)"
  • Fille réfugiée de Dablo. Il est venu à Kaya pendant Covid-19 en juillet où il a reçu la première communion.Image: "Aide à l'Église en Détresse (AED)"
  • Burkina Faso février 2020 - camp de réfugiésImage: "Aide à l'Église en Détresse (AED)"

Burkina Faso : Première communion entre terreur et Covid-19

Les communiants témoignent à l’AED de leur foi en Jésus

Les visages des enfants rayonnent de joie : vêtus de leurs robes blanches, ils dansent et chantent, ils frappent dans leurs mains et prient Dieu. La cérémonie de la Première communion à Kaya, chef-lieu départemental d’une province au Burkina Faso, est un événement qui exprime une joie infinie. Pour un bref instant, la terreur vécue par les enfants et toutes les difficultés qu’ils doivent affronter jour après jour sont oubliées.

Les communiants témoignent à l’AED de leur foi en Jésus

Les visages des enfants rayonnent de joie : vêtus de leurs robes blanches, ils dansent et chantent, ils frappent dans leurs mains et prient Dieu. La cérémonie de la Première communion à Kaya, chef-lieu départemental d’une province au Burkina Faso, est un événement qui exprime une joie infinie. Pour un bref instant, la terreur vécue par les enfants et toutes les difficultés qu’ils doivent affronter jour après jour sont oubliées. « Les enfants sont originaires de Dablo. Ils sont venus ici parce qu’ils ont dû fuir la terreur. Et à cause du Covid-19, toutes les cérémonies prévues pour l’administration des sacrements ont dû être repoussées », explique le Père Gabriel Bamogo dans un entretien avec la fondation pontificale Aide à l’Église en détresse (AED), qui soutient les chrétiens burkinabés. « À présent, tout le monde remercie le Seigneur de la joie et de la grâce qu’Il leur a offertes lorsqu’ils ont reçu les sacrements. »

D’abord la terreur, puis la pandémie : le Burkina Faso, à l’ouest du continent africain, est un pays frappé par la tragédie. Jadis oasis de stabilité et de paix intérieure, l'État dérive de plus en plus vers le chaos depuis 2015. Des djihadistes et des bandes de criminels sillonnent de vastes régions de ce pays majoritairement musulman en y semant la violence. Les motifs sont très divers : dans ce pays multi-ethnique, l'exaspération causée par la négligence du gouvernement à l'égard de régions entières se mêle à des rivalités ethniques et au fanatisme islamiste. Les djihadistes veulent instaurer un nouveau califat. Des criminels profitent du chaos pour arriver à leurs fins. Les trafics de drogue et d’armes prospèrent. Malgré le soutien apporté par la France, l’ancienne puissance coloniale du pays, le gouvernement burkinabé ne parvient pas à maîtriser la situation. Presque un million de personnes ont été réduites à l’état de déplacés dans leur propre pays – avec des perspectives extrêmement sombres dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Les chrétiens, qui représentent environ trente pour cent de la population, sont également touchés par la terreur. Par dizaines de milliers, ils se sont enfuis des régions où sévissent les terroristes. Beaucoup de ces chrétiens ont trouvé refuge dans le diocèse de Kaya.

Tel était par exemple le destin de la jeune Elisabeth Bamogo. Elle est née en 2007. En mai 2019, elle est arrivée à Kaya. Elle et ses parents se sont enfuis de Dablo pour vivre en sécurité et échapper à la terreur contre les chrétiens. L’an dernier, pendant la messe dominicale, des djihadistes à moto, armés de mitraillettes, ont attaqué l’église catholique de Dablo. Le prêtre, le Père Simeon, a été assassiné, tout comme cinq autres hommes dans l’église paroissiale. Avant de s’enfuir et de mettre le feu à l’église, les assassins ont menacé la population : « Convertissez-vous à l’islam. Sinon, la peine de mort vous attendra lorsque nous reviendrons ».

Le jour de sa Première communion, Élisabeth se rappelle ces événements. « Nous ne pouvions pas rester chez nous. C’était insupportable. Tous les jours, nous nous y sentions menacés », raconte-t-elle. « Ceux qui nous cherchent sont sans pitié. Ils ne tuent peut-être pas les enfants, mais ils tuent nos parents. Nous serions devenus orphelins. » Au vu de la terreur qui règne dans son pays, Élisabeth est d’autant plus reconnaissante de pouvoir recevoir sa Première communion. « C’est une journée spéciale pour moi aujourd’hui. Je remercie Dieu. À cause de la situation difficile, je ne pensais plus pouvoir recevoir les sacrements. » La catéchèse de préparation à la communion lui a appris que Jésus venait vers elle lors de la communion. « C’est ce que je crois. »

Étienne Sawadogo est également très reconnaissant de vivre sa Première communion. Né en 2006, ce garçon est originaire d’un village à proximité de Dablo. Lui et ses parents se sont également enfuis à Kaya. « J’ai été obligé de fuir pour survivre et pour pouvoir aller à l’école. Nous avons vu des gens se faire tuer sans pitié. Cela aurait également pu nous arriver à nous. Voilà pourquoi nous nous sommes enfuis. » Initialement, il était prévu qu’Étienne reçoive déjà sa Première communion l’an dernier à Dablo. Mais à cause de la situation sécuritaire plus que précaire, cela n’y a pas été possible. Le jeune garçon est d’autant plus heureux maintenant. « J’ai reçu le corps et le sang du Christ. Cela renforce ma foi. »

Il faudra encore beaucoup de foi et d’assurance aux deux jeunes communiants. La fin du chaos dans leur pays et un retour dans leurs villages d’origine sont loin d’être en vue. Récemment, le ministère des Affaires étrangères français a encore renforcé son évaluation de la situation et classé la plus grande partie du Burkina Faso comme zone à haut risque. Il est déconseillé aux citoyens français de se rendre dans ces régions. La région d’origine d’Élisabeth et d’Étienne ainsi que leur lieu de refuge de Kaya comptent également parmi ces régions à haut risque. Mais, au moins le jour de sa Première communion, Élisabeth est remplie d’espoir. « Dans cette situation difficile dans laquelle mes parents et moi vivons, je compte sur Jésus. J’ai confiance en Lui. ». Étienne est du même avis. « Malgré tout, nous sommes heureux, car nous espérons en Celui auquel nous adressons tous les jours nos prières. »

En 2019-2020, l’AED a soutenu presque une centaine de projets au Burkina Faso. Dans le diocèse de Kaya, l’œuvre apporte son aide à des prêtres par le biais d’offrandes de messe et la formation de séminaristes.

Les visages des enfants rayonnent de joie : vêtus de leurs robes blanches, ils dansent et chantent, ils frappent dans leurs mains et prient Dieu. La cérémonie de la Première communion à Kaya, chef-lieu départemental d’une province au Burkina Faso, est un événement qui exprime une joie infinie. Pour un bref instant, la terreur vécue par les enfants et toutes les difficultés qu’ils doivent affronter jour après jour sont oubliées. « Les enfants sont originaires de Dablo. Ils sont venus ici parce qu’ils ont dû fuir la terreur. Et à cause du Covid-19, toutes les cérémonies prévues pour l’administration des sacrements ont dû être repoussées », explique le Père Gabriel Bamogo dans un entretien avec la fondation pontificale Aide à l’Église en détresse (AED), qui soutient les chrétiens burkinabés. « À présent, tout le monde remercie le Seigneur de la joie et de la grâce qu’Il leur a offertes lorsqu’ils ont reçu les sacrements. »

D’abord la terreur, puis la pandémie : le Burkina Faso, à l’ouest du continent africain, est un pays frappé par la tragédie. Jadis oasis de stabilité et de paix intérieure, l'État dérive de plus en plus vers le chaos depuis 2015. Des djihadistes et des bandes de criminels sillonnent de vastes régions de ce pays majoritairement musulman en y semant la violence. Les motifs sont très divers : dans ce pays multi-ethnique, l'exaspération causée par la négligence du gouvernement à l'égard de régions entières se mêle à des rivalités ethniques et au fanatisme islamiste. Les djihadistes veulent instaurer un nouveau califat. Des criminels profitent du chaos pour arriver à leurs fins. Les trafics de drogue et d’armes prospèrent. Malgré le soutien apporté par la France, l’ancienne puissance coloniale du pays, le gouvernement burkinabé ne parvient pas à maîtriser la situation. Presque un million de personnes ont été réduites à l’état de déplacés dans leur propre pays – avec des perspectives extrêmement sombres dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Les chrétiens, qui représentent environ trente pour cent de la population, sont également touchés par la terreur. Par dizaines de milliers, ils se sont enfuis des régions où sévissent les terroristes. Beaucoup de ces chrétiens ont trouvé refuge dans le diocèse de Kaya.

Tel était par exemple le destin de la jeune Elisabeth Bamogo. Elle est née en 2007. En mai 2019, elle est arrivée à Kaya. Elle et ses parents se sont enfuis de Dablo pour vivre en sécurité et échapper à la terreur contre les chrétiens. L’an dernier, pendant la messe dominicale, des djihadistes à moto, armés de mitraillettes, ont attaqué l’église catholique de Dablo. Le prêtre, le Père Simeon, a été assassiné, tout comme cinq autres hommes dans l’église paroissiale. Avant de s’enfuir et de mettre le feu à l’église, les assassins ont menacé la population : « Convertissez-vous à l’islam. Sinon, la peine de mort vous attendra lorsque nous reviendrons ».

Le jour de sa Première communion, Élisabeth se rappelle ces événements. « Nous ne pouvions pas rester chez nous. C’était insupportable. Tous les jours, nous nous y sentions menacés », raconte-t-elle. « Ceux qui nous cherchent sont sans pitié. Ils ne tuent peut-être pas les enfants, mais ils tuent nos parents. Nous serions devenus orphelins. » Au vu de la terreur qui règne dans son pays, Élisabeth est d’autant plus reconnaissante de pouvoir recevoir sa Première communion. « C’est une journée spéciale pour moi aujourd’hui. Je remercie Dieu. À cause de la situation difficile, je ne pensais plus pouvoir recevoir les sacrements. » La catéchèse de préparation à la communion lui a appris que Jésus venait vers elle lors de la communion. « C’est ce que je crois. »

Étienne Sawadogo est également très reconnaissant de vivre sa Première communion. Né en 2006, ce garçon est originaire d’un village à proximité de Dablo. Lui et ses parents se sont également enfuis à Kaya. « J’ai été obligé de fuir pour survivre et pour pouvoir aller à l’école. Nous avons vu des gens se faire tuer sans pitié. Cela aurait également pu nous arriver à nous. Voilà pourquoi nous nous sommes enfuis. » Initialement, il était prévu qu’Étienne reçoive déjà sa Première communion l’an dernier à Dablo. Mais à cause de la situation sécuritaire plus que précaire, cela n’y a pas été possible. Le jeune garçon est d’autant plus heureux maintenant. « J’ai reçu le corps et le sang du Christ. Cela renforce ma foi. »

Il faudra encore beaucoup de foi et d’assurance aux deux jeunes communiants. La fin du chaos dans leur pays et un retour dans leurs villages d’origine sont loin d’être en vue. Récemment, le ministère des Affaires étrangères français a encore renforcé son évaluation de la situation et classé la plus grande partie du Burkina Faso comme zone à haut risque. Il est déconseillé aux citoyens français de se rendre dans ces régions. La région d’origine d’Élisabeth et d’Étienne ainsi que leur lieu de refuge de Kaya comptent également parmi ces régions à haut risque. Mais, au moins le jour de sa Première communion, Élisabeth est remplie d’espoir. « Dans cette situation difficile dans laquelle mes parents et moi vivons, je compte sur Jésus. J’ai confiance en Lui. ». Étienne est du même avis. « Malgré tout, nous sommes heureux, car nous espérons en Celui auquel nous adressons tous les jours nos prières. »

En 2019-2020, l’AED a soutenu presque une centaine de projets au Burkina Faso. Dans le diocèse de Kaya, l’œuvre apporte son aide à des prêtres par le biais d’offrandes de messe et la formation de séminaristes.